Ajustement structurel, crises sécuritaires, Covid-19 : Tawamba et Dion Ngute parlent de crise économique

D’après le président du Groupement interpatronal du Cameroun, Célestin Tawamba, la question était au centre des échanges qu’il a eus avec le 19 octobre avec le Premier ministre.

C’est l’occasion pour moi de remercier vivement le Premier ministre pour son intérêt et son écoute prononcés. Ce faisant, je salue notre parfaite identité de points de vue sur la nécessité d’agir vite et en conjuguant les efforts du gouvernement et ceux du Patronat pour sortir le Cameroun et ses entreprises des crises économiques. C’est le minimum vital qui doit être garanti si le Cameroun doit prendre durablement le chemin de la relance économique, de la croissance forte et inclusive, et du progrès social.  » Ainsi s’est exprimé le président du Gicam au sortir de l’audience que lui a accordée lundi dernier, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute.

Le but de la rencontre était de remettre au chef du gouvernement, le Livre blanc édité par le Gicam. Selon Célestin Ta-wamba, « ce Livre blanc, inédit pour notre organisation, est le résultat d’un travail de réflexion en profondeur et de concertation avec l’ensemble des membres. A travers lui, le Gicam prend le parti du dialogue pour la construction d’une économie ambitieuse et forte. »

Sous-titré « L’impératif industriel du Cameroun », le document propose le regard des chefs d’entreprises sur la politique économique de la nation, regard à travers lequel ceux-ci partagent les choix de filières prioritaires du Plan Directeur d’industrialisation (agro-industrie, transport et énergie), mais proposent de donner plus de sens à la notion de priorités dans les déclinaisons transversales et sectorielles comme la fiscalité, la gouvernance, le financement et surtout à travers une réforme du dialogue public-privé.

Du coup, le président du Gicam indique :  » Qu’il soit publié alors que notre pays est sous programme -d’ajustement structurel avec le FMI et subit durement l’impact des crises sécuritaires et de la pandémie de la Covid-19, donne un intérêt tout particulier aux échanges que nous avons eus avec le chef du gouvernement. »

Impact du COVID-19

En effet, l’on se rappelle qu’il y a quelques mois, l’institut national de la statistique (INS) a publié une note d’évaluation des effets socio-économiques du coronavirus dans notre pays. II en est ressorti le constat suivant : « On relève un impact négatif sur les activités des entreprises, ainsi que sur le mode et le niveau de vie des populations. Cette situation se traduit notamment par la recrudescence du chômage et la baisse généralisée des revenus des ménages. »

Pour cette étude dont l’une des visées était d’apprécier l’incidence immédiate de la crise du COVID-19 sur les emplois, le marché du travail et les conditions de vie des populations, « il y a un risque de fortes pertes d’emplois si le gouvernement n’agit pas vite en apportant des solutions adaptées au cas par cas. »

Les données de TINS faisaient état de ce que « dans l’ensemble, 55% d’entreprises ont revu les effectifs employés à la baisse. Cette baisse concerne 59% des PME du secteur moderne et est plus prononcée dans les branches éducation (92%), hébergement (hôtellerie) et restauration (71%), extraction (76%) et sylviculture (73%). »

En réponse à cette étude, le gouvernement a mis sur pied « La Stratégie de riposte du Cameroun face à la COVID 19 et de résilience économique et sociale ».’fl s’en est dégagé que les défis à relever pour riposter contre le COVID 19 sont de plusieurs ordres. Ils consistent notamment à sauver, soutenir et relancer le secteur productif. A ce titre, les pouvoirs publics entendaient intervenir entre autres sur la résilience économique et financière, l’approvisionnement stratégique et la résilience sociale.

La résilience économique et financière consiste* à mettre en œuvre une panoplie des mesures administratives, fiscales, douanières et financières en direction du gouvernement, des entreprises et des acteurs du secteur informel pour préserver l’activité économique, l’emploi et partant la croissance économique.

C’est probablement pour inciter le gouvernement à en faire davantage que le président du Gicam est allé remettre au Premier ministre, son Livre blanc. D’ailleurs, au chef du gouvernement, le président du Gicam a réitéré l’attente forte des chefs d’entreprises pour que la loi de finances 2021 donne un signal d’apaisement, une amorce de réformes et de restauration du climat de confiance entre l’administration et les entreprises.

Crise sécuritaire

Au-delà de la crise sanitaire, il faut dire que la situation sécuritaire qui prévaut notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ne favorisent pas les affaires du secteur privé. C’est que le prolongement de la crise dans la durée rend impossible le rattrapage intégral des journées perdues.

Pour l’ensemble des acteurs économiques, les opérations villes mortes se traduisent ainsi par des manques à gagner nets. En fonction de la nature des activités, des modes de consommation durant les jours non travaillés, le Gicam estime que les pertes occasionnées représentent entre 20% et 30% du volume d’activités global.

Aux opérations villes mortes qui paralysent les activités économiques, il convient d’ajouter certaines mesures prises par les autorités publiques pour faire face au climat d’insécurité. Au début de la crise, le gouvernement avait décidé de la coupure du signal internet dans ces Régions ; interruption qui a duré trois mois. Dans certaines zones, des couvres-feu ont été momentanément instaurés et certaines autorités

continuent d’opérer par des intimidations, voire des harcèlements sur les opérateurs privés, notamment pour les obliger à ouvrir leurs sites les jours déclarés ghost town.

A en croire le Gicam, « au 30 septembre 2019, le bilan partiel des pertes déjà subies par les entreprises formelles dans neuf secteurs d’activité se chiffre à près de 40 milliards de F CFA. » Il convient cependant de saluer les efforts et les appuis apportés par les autorités et les forces de défense pour sécuriser des commerces, des établissements bancaires et bien d’autres structures.

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