Tuée chez un sous-préfet : le tribunal militaire bouge enfin

La famille qui accuse l’ancien sous-préfet de Lokoudje d’avoir assassiné sa fille, redoutait des manœuvres en vue d’étouffer la vérité dans cette mort survenue dans des circonstances très troubles.

On note* subitement un frémissement dans l’affaire de l’ancien Sous-Préfet de Lokoundje, Franck Derlin Eyono Ebanga, soupçonne d’avoir froidement abattu sa compagne, Lydienne Taba, dans sa résidence à Kribi le 25 juillet 2020.

«Ça traine, mais on note que l’instruction de l’Affaire Taba a commencé devant le Tribunal militaire d’Ebolowa, après l’étape de l’information judiciaire. On pense que la partie civile et ses éventuels témoins seront entendus en début du mois prochain», indique Maitre Dominique Fousse, chef de file des conseils de la partie. La partie civile considère que l’ouverture de l’instruction est un signe prometteur, car depuis la survenue de cette tragédie, la recherche de la vérité ne semble pas préoccuper les enquêteurs.

Par exemple, le 31 Juillet 2020, le jour de la reconstitution des faits, était tenu plutôt secret. Certains gendarmes impliqués dans l’enquête avaient carrément désorienté les journalistes, leur disant que les auditions n’étant pas encore finies, et donc, on ne saurait déjà parler de reconstitution des faits. Pourtant, le même jour à 13h, l’opération avait débuté sur la scène du crime. L’arrivée des journalistes a créé aussitôt des tensions. Etant même encore en route, ils seront éconduits par un gendarme en civil.

«Vous cherchez quoi», hurla-t-il ? Sans attendre une quelconque réponse, il poursuivit: «te colonel ne veut pas voir la presse ici, montez et n’essayez pas de vous arrêter et je vous avertis de ne pas insister». Les journalistes vont obtempérer en se tenant à 100 M environs du site.

Par la suite, le collectif des avocats, sous la conduite de maître Dominique Fousse, avait introduit une requête auprès du commissaire du gouvernement près le tribunal militaire d’Ebolowa. Les avocats de la famille de la défunte réclamaient que la procédure judiciaire soit reprise dans son enquête préliminaire Pour la défense, les intérêts de la famille avaient été lésés dans certaines étapes comme la reconstitution des faits; une telle «omission» ne saurait faire prospérer la transparence.

Après avoir déposé formellement une plainte, le 02 août 2020 pour «violence sur une femme enceinte et assassinat», cette autre action du collectif des avocats venait «remuer le couteau dans la plaie» de cette affaire qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive depuis sa survenance et la crainte d’une manipulation quelconque de la justice.

Pour le sous-préfet, depuis le début de l’affaire, c’était une fausse manœuvre de son arme de protection qui avait ôté la vie à sa dulcinée ce fameux 25 Juillet 2020 à Kribi; une version que la famille de la victime balaie du revers de la main. Frank Derlin Eyono Ebarjga a été déchargé de ses responsabilité et «appelé à d’autres fonctions», lors des récents mouvements à la préfectorale.

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