Matgénie : Nganou Djoumessi fait tomber le Directeur général

Débarqué lundi à la tête de l’entreprise publique, Désiré Abogo Ntang a été victime d’une bataille à laquelle il n’a pas survécu.

Virile ! C’est ainsi que pourrait être qualifiée la bataille qui vient de laisser sur le carreau Désiré AbogoNtang, désormais ex-directeur général du Parc national du matériel de génie-civil (Matgénie). Il est remplacé par Gustave Ebongue qui était jusqu’à sa nomination directeur général adjoint. C’est la principale information à retenir du conseil d’administration de

l’entreprise publique qui s’est tenu hier mardi, 27 septembre à Yaoundé, présidé par le ministre des Travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi. Une entre- prise dont les employés sont en grève depuis le 22 septembre, et réclament 13 mois d’arriérés de salaire. Désiré Abogo Ntang avait pourtant entamé des réformes qui laissaient présager un avenir radieux pour l’entreprise. Problème: il était en froid avec son ministre de tutelle, Emmanuel Nganou Djoumessi.

Cette situation n’a pas été pardonnée à DésiréAbogoNtang, qui – de très bonne source – a été victime d’une bataille à laquelle il n’a pas survécu: ses détracteurs ont proposé à Paul Biya de le nommer à la tête d’une autre entreprise, pour calmer les ardeurs au sein du Matgénie.

Cela a suffi à sceller son sort. Des éléments qui ne représentent qu’un des nombreux symptômes de l’état de santé catastrophique d’une entreprise qui fut l’une des plus brillantes au Cameroun. Mais il faut sans doute aller chercher plus loin pour expliquer les grandes turbulences actuelles, dans un cocktail composé de problèmes de leadership doublés de mauvais choix stratégiques, d’interactions poli- tiques, et de corruption, symptomatique de l’entreprise.

A quoi joue Nganou Djoumessi ?

Alors que la structure publique compte près d’un demi-millier de salariés, accumule des pertes sèches depuis plusieurs années et croule sous près de 5 milliards de F de dettes accumulées, le Matgénie affronte depuis quelques temps la passe la plus dure de son histoire.

Si certains observateurs évoquent les difficultés budgétaires, d’autres sources proches du dossier parlent plutôt d’une inertie organisée depuis le sommet de l’État. Le conflit avec la tutelle n’a fait que s’envenimer ces dernières années, jusqu’à devenir un conflit de personnes, entre le Directeur général, et le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi.

Tenez, alors l’entreprise vient de recevoir l’accord du gouvernement pour un paiement d’un montant de plus de 700 millions de F pour évacuer une partie des salaires, le ministre Nganou Djoumessi n’a pas daigné signer le document autorisant le décaissement des fonds.

Selon des sources concordantes, c’est le 22 septembre que le Mintp s’est empressé de signer le document sur instruction du Premier ministre, au moment où les employés ont repris leur mouvement d’humeur.

Conscient des difficultés de l’entreprise, les services du Premier ministre ont instruit le ministre des Travaux publics, début septembre, d’attribuer à cette entreprise publique deux contrats d’un montant cumulé de 70 milliards de F.

Mais curieusement, au Mintp, c’est le silence radio. Nganou Djoumessi semble se réjouir de la situation de l’entreprise qui va de mal en pis, mettant en mal le magistère de Désiré AbogoNtang. « Nganou a finalement eu la tête du Dg », lance, tout souriant, un fonctionnaire du ministère des Travaux publics.

Ahmed MBALA | Le Messager

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