Dubaï : le calvaire des noirs africains

Dans une sortie ce 26 octobre 2021, Amnesty international note que des africains et Camerounais sont détenus arbitrairement et expulsés des Émirats arabes unis à cause de la couleur de leur peau. Quand l’Eldorado se transforme en cauchemar.

«Les autorités ont brutalisé des centaines de personnes sur la base de leur couleur de peau, leur ont infligé des mauvais traitements en détention, les ont dépouillées de leurs affaires personnelles et de leur dignité, avant de les expulser massivement.

Les Émirats arabes unis doivent prendre position publiquement et affirmer clairement qu’aucun ciblage à caractère raciste pour quelque raison que ce soit ne sera toléré et veiller à ce que les personnes ayant subi un tel traitement bénéficient de mesures de réparation et de restitution adéquates», révèle Amnesty International dans ses nouvelles recherches dont nous avons reçu copie ce 26 octobre 2021.

L’organisation non gouvernementale dit s’être entretenue avec huit femmes et 10 hommes, détenus arbitrairement et expulsés des Émirats arabes unis à la suite des raids du mois de juin dernier, à savoir 11 Camerounaises, cinq nigérianes, un Ougandais et un Ghanéen Selon Amnesty, «tous ont décrit la même pratique de sélection à caractère raciste lors des interpellations, notant que les personnes arrêtées étaient quasiment toutes Noires, à l’exception de quelques Asiatiques qui vivaient dans les mêmes logements que les Africaines.»

Nous apprenons de l’Ong que la police des Émirats arabes unis a procédé à une vague d’arrestations arbitraires et d’expulsions visant au moins 375 travailleuses et travailleurs migrants africains qui ont été appréhendés chez eux lors de raids nocturnes effrayants, conduits en prison où ils ont été soumis à des traitements dégradants et à de multiples violations de leurs droits, puis expulsés collectivement en dehors de toute procédure légale.

Il est écrit que dans la nuit du 24 au 25 juin 2021, des centaines d’Africaines ont été interpellés, avant d’être détenus au secret de manière arbitraire à la prison d’al Wathba pendant des périodes allant jusqu’à deux mois. «La police émirienne a par la suite falsifié des résultats négatifs de tests PCR pour qu’ils puissent voyager, les a dépouillés de leurs affaires, notamment de documents juridiques très importants, et leur a refusé la possibilité de consulter un avocat».

Garantir le droit à réparation de centaines de travailleurs et travailleuses africains , victimes
Amnesty informe que ces africaines vivaient et travaillaient en toute légalité aux Émirats arabes unis.

Et que ce ciblage à caractère raciste a ruiné la vie de certains membres parmi les plus marginalisés de la société émirienne, à un moment où le gouvernement se targue d’être un modèle de tolérance multiculturelle et accueille l’Exposition universelle de 2020 à Dubaï, a déclaré Lynn Maalouf, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

Pour sa part, le ministère émirien de l’intérieur a indiqué le 3 septembre que l’arrestation de 376 femmes et hommes a été menée «dans le cadre de procédures judiciaires visant à lutter contre les crimes liés à- la traite des êtres humains».

Pourtant, poursuit Amnesty, toutes les personnes interrogées ont confirmé que les autorités ne les avaient pas informées des motifs de leur détention et ne les avaient pas présentées devant une autorité judiciaire afin de leur permettre de voir les éléments retenus contre elles et de les contester. L’organisation soutient mordicus que ces travailleuses et travailleurs africains n’ont pas eu la possibilité de contester leur expulsion comme l’exigent le droit international et les normes garantissant une, procédure régulière.

«En arrêtant et en expulsant arbitrairement des., centaines d’Africaines de manière collective, ciblés en fonction de leur appartenance raciale et sans garanties d’une procédure régulière, les Émirats arabes unis ont enfreint plusieurs dispositions du droit international, notamment l’interdiction de la discrimination raciale et l’interdiction des expulsions collectives, qui comportent par nature un risque de refoulement», écrit Amnesty.

La Nouvelle Expression

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