Au moins cinq morts dans les affrontements électoraux en Côte d’Ivoire

Au moins cinq personnes sont mortes et beaucoup d’autres ont été blessées lors des affrontements du jour des élections dans les bastions de l’opposition en Côte d’Ivoire, ont déclaré les responsables dimanche.

Le pays a été épargné par le genre de violence généralisée que beaucoup craignaient de voir éclater lors du vote samedi, alors que le président Alassane Ouattara brigue un troisième mandat que ses opposants jugent inconstitutionnel.

Les opposants de M. Ouattara, âgé de 78 ans, affirment qu’il enfreint la loi en se présentant à nouveau, car la constitution limite les présidents à deux mandats, et risque de briser la paix fragile qui est en place depuis qu’une guerre civile a tué 3 000 personnes en 2010-2011.

Les rues du moteur économique du pays, Abidjan, étaient calmes dimanche, comme le jour des élections, car beaucoup sont restés chez eux par crainte de la violence. Certains avaient déjà quitté la capitale commerciale pour se rendre dans les villages de province avant le vote.

Cependant, certaines régions ont connu des violences et l’atmosphère est restée tendue avant les résultats partiels attendus dimanche.

« Des jeunes hommes armés des villages environnants … ont tiré sur les autres jeunes », a déclaré Germain N’Dri Koffi, maire de la ville de Tiebissou, au centre du pays, le cœur du candidat de l’opposition, l’ancien président Henri Konan Bedie.

Quatre personnes ont été tuées et 27 autres blessées par des balles et des machettes, a-t-il dit. Une autre personne a été tuée dans la ville pro-Bedie de Niable, a déclaré un fonctionnaire du gouvernement sous couvert d’anonymat.

Le candidat de l’opposition Pascal Affi N’Guessan a déclaré dimanche que 12 personnes étaient mortes, sans donner de détails.

Les villes touchées ne sont pas de grands producteurs de cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. Cependant, certains acheteurs ont déclaré à Reuters dimanche que des intermédiaires évitaient de se rendre dans les zones rurales des régions productrices de cacao par crainte de la violence.

M. Ouattara affirme qu’il peut se représenter en vertu d’une nouvelle constitution approuvée en 2016, et ne le fait que parce que son successeur trié sur le volet est mort subitement en juillet.

Bedie et Affi avaient exhorté les partisans à boycotter le vote. Cela devrait permettre à M. Ouattara de remporter la victoire, mais pourrait saper la légitimité d’un troisième mandat.

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