Ethiopie : des milliers de personnes fuient les combats pour s’installer au Soudan

En dépit de la fermeture des frontières, les autorités soudanaises sont dépassées par un afflux massif de déplacés éthiopiens.

Le conflit entre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed s’enlise.  Conséquence, des milliers d’Éthiopiens fuient les combats pour s’installer au Soudan.

En dépit de la fermeture des frontières, les autorités soudanaises sont dépassées par un afflux massif de déplacés éthiopiens. Impossible d’avoir des chiffres exacts : « La localité d’El Fashaga est submergée de réfugiés », assure RFI qui cite des sources humanitaires.

La plupart des personnes qui fuient les combats sont des Tigréens. On compte beaucoup de blessés.  L’armée soudanaise a laissé rentrer les civils, mais a refusé toute personne portant un uniforme militaire. La Croix-Rouge soudanaise a été autorisée à intervenir de l’autre côté de la frontière pour soigner les blessés.

Lundi soir, la situation semblait s’être plus ou moins calmée. Ce mardi matin, une réunion se tient en urgence entre humanitaires et officiels soudanais. Une des pistes à explorer : conduire ces milliers de déplacés vers le camp de réfugiés de Shagarab. Un camp qui abrite déjà quelque 40 000 Erythréens.

Qu’est-ce qui est à l’origine de la tension?

Qu’est-ce qui est à l’origine de la tension? L’élection de septembre à Tigré que le gouvernement fédéral avait reportée dans tout le pays en raison du coronavirus. Elle est considérée comme la cause de la récente détérioration rapide de la situation. Même si la tension monte depuis longtemps.

Le TPLF, le parti politique majoritaire en Éthiopie pendant des années, se dispute le pouvoir avec le gouvernement de M. Abiy depuis en 2018. Le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a proposé une médiation de l’Agence intergouvernementale pour le développement. Une proposition refusée par Abiy Ahmed qui pense que les événements au Tigré sont une affaire strictement nationale.

Le premier ministre a accusé les responsables des gouvernements précédents de corruption et de violations des droits de l’homme. Il a donc retiré du gouvernement central des personnalités clés du TPLF.

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